La Cannonball « off » - 3° édition 
Un ultra marin-copains-girondin

C’est l’histoire de 6 mecs, qui, ce 17 mars 2018, avaient une envie plus forte que d’aller à Leroy Merlin, se taper un steak-frites en famille, et regarder Galles-France. Leur RDV était ailleurs, depuis longtemps dans le coin reptilien-runner de leur cortex cérébral. La Pointe. Les Pointes. Celles de Grave et du Cap Ferret.

De retour sur l’aventure de la Cannonball, cette histoire organisée en 2006 par Gérard Caupène. Le simple défi de relier les 2 pointes par le plus court chemin. Laurent, alias Lloc Coll, invétéré lécheur de bitume à la joie de vivre communicative, capable de vous embarquer dans les paris les plus déraisonnables,  a ravivé la flamme pour une 3° édition de son « off ». Course sans organisation, sans matos obligatoire, sans balisage, sans tarif, sans rien… La pureté de l’effort, juste accompagné du ronronnement de l’océan, de la caresse du vent, du bruissement des pins, de l’effleurement du bitume…et d’assistants pour te permettre quand même de voyager léger et de te redonner un coup de boost quand au bout de 97 km ton esprit n’est que tourné vers un bain de pieds et ta couette.
La Pointe de Grave, tourmentée, en majesté
(click sur photos pour agrandir)
7h30 : 6 mecs et 4 assistants se retrouvent à la pointe du jour. Laurent, Jean Luc, Manuel, Daniel, Denis et bibi.
Manuel, Bibi, Denis, Jean-Luc, Lloc, Daniel
Avec juste le grain...de folie qu'il faut

Heureux come des gosses, excités comme des puces, frigorifiés comme des  M.Freeze. Bah ouais, mars, çà reste l’époque des giboulées. Et les nuages autour n’annoncent rien qui vaille. Tant et si bien qu’on est tentés d’avancer l’heure du départ pour se réchauffer. 8h se pointe, on s’aligne !
Le départ, c'est à gauche messieurs

Donc, cette 3° édition du « off » c’est un départ de la Pointe de Grave à 8h, pour 116 km (pour ma part). J’aurais la chance de partir avec mon Denis, qui a terminé l’édition 2017 par des sentiers de traverse (130 km) alors que j’abandonnai au 62 km sous le double joug d’une gastro et d’une tendinite. Pour ce retour de la revanche, l’ami Ji-Pé n’a pas eu à être sollicité, il s’est d’amblée proposé, à fond dans le projet. L’entraînement nocturno-pluvio-boueux de tout cet hiver me laisse présager un état de forme plus altier que l’année dernière. Le parcours choisi est simpliste : un marathon sableux via la beach jusqu’à Hourtin. De là plein sud par les sentiers et la piste cyclable jusqu'à Cap. Je tire droit ! Tout çà entrecoupé de 15 points de rencontre avec Ji-Pé.
Cordouan, dans le vent

Pan, le grand manitou Llocc nous libère sous les acclamations des assistants en folie…lol. Devant nous l’immensité de l’océan et de la plage partant à l’infini. Seuls le majestueux phare de Cordouan au loin et quelques vaillants goélands nous accompagnent sur l’estran. Le vent, oui le vent lui aussi s’invite, bientôt cinglant d’une pluie fine, salée, glaçante. La lumière paradisiaque de 2017 à vécu, faut vite se mettre en tête que le Barbu là haut n’est pas là pour nous faire plaisir. Moi je m’en tape, j’aime çà la rudesse, et je crois pas au barbu (sauf à la mienne, de barbe).

1 km tous ensemble, puis doucement le rythme de chacun se prend. Denis a des jambes, du coup nous précédons doucement. On papote, on observe, on jouit, on vit. Les premiers 9,5 kil jusqu’à Soulac sont ponctués de marques anthropiques, cicatrices de la guerre de 45. Il y a  de quoi voir dans ces incongruités. De quoi se mouiller les pieds aussi car la marée a encore laissé de l’humidité. Pas grave, à Hourtin on changera les gommes.
Y a de la houle mon capitaine !

On avance à 10 km/h. L’immeuble Signal à Soulac : bientôt cette verrue ne sera plus. Un coucou rapide aux assistants arrivés juste à l’heure.  RDV plus loin pour récupérer les camel-backs.  L’Amélie 13 kil, en 1h18. On les jette sur nos épaules, une banane dans le gosier, tout va bien, sereins, on se prend un grain, vent dans la gueule, faire le dos rond. La plage pour nous, immense, tourmentée, les dunes arrachées, les routes et maisons défigurées…bien fait ! Daniel nous rattrape, nous précède, puis nous recède un poil plus loin. Chacun son rythme, chacun son chemin.

Si petits dans l'immensité océane

Kil 18,7 voici le Gurp en 1h52, puis au kil 25,2 Montalivet que je n’ai pas reconnu, la plage dévastée. 2h34, vitesse moyenne de 9,8 km/h. Pas dégueu malgré le sable parfois peu porteur. 2 minutes de pause, une orange, et on enchaîne. Faut pas déconner, pas envie de se geler.
Vent de gueule, et dedout(s)


Plus loin l’érosion découvre la marne, la roche mère, incongrue et magnifique, sur lesquels les trailers retrouvent leurs sensations montagneuses. Juste après des arbres fossilisés apparaissent. Plongée dans les méandres du temps. Les verrues bétonnées d’il y a 70 ans, même taguées, sont supplantées par les vestiges préhistoriques.

Tout droit la plage ? Presque…çà ondule un peu, autant que sur le plan horizontal que vertical. On aura peut-être fait du 10 m D+ sur ce sable… ! Est-ce çà qui a entamé mon Denis ? Non, je ne peux le croire. Il est juste fatigué, pas en canne, émoussé par  la météo. Sa foulée se fait plus tassée, il subit. Il était venu pour voir, faire un bout, grand ou petit, à mes côtés.
Denis, à la peine
Il se pause au Pin Sec que nous atteignons en 3h57. Cette section de 12 km se finit sous la pluie et dans le vent. Ji-Pé est à l’abri bien venu d’un blockhaus. Denis rend les armes pour le moment. Je recharge le sac, m’enfile une banane et zou…back in the wind. Je commence à être humide, je changerai tout à Hourtin.

Dernière section de ce marathon, juste 6 kil jusqu’à là-bas. Seul, sur la plage... Pas longtemps… Un bruit fuyant dans mon dos s’amplifie. Retournage étonné ! Putain le compère Renard Eric est là, juché sur son destrier à 2 roues ! Mince quel plaisir !!! Le goupil rusé nous a retrouvés malgré aucune information sur notre parcours. Quelle belle surprise ! Emmitouflé il me tient la convers’, légèrement en retrait pour ne pas me donner un faux rythme. C’est chouette non ? Au loin devant, voici Ji-Pé, venu nous indiquer le chemin de sortie. Au loin derrière 3 silhouettes. Les compères doivent avoir 1,5 kil de retard. 12h40 pause à Hourtin beach. Le marathon sableux de 42,7 kil en 4h40 pile. 9,15 de moyenne avec les pauses, çà me va. Le trailer a damné les lécheurs de bitume. J’étais sur mon terrain de jeu.

Allez, les jambes en l’air pendant que les pâtes chauffent. 
JIF = J'en In rien à Fout' !
Puis changement du haut et de pompes. Les innov8 sablées cèdent aux Altra évasées. Je me la joue Antoine Guillon en testant les patates douces. 8 minutes de retard pour les compères. Ca chambre, çà rie, ça a envie. Je repars au bout de 12 sous les rires : « vas-y, part faire le lièvre, on arrive… ». Je me doute bien que le souffle rauque des 100 bornards va bientôt me lécher la nuque. Les gars vont caresser l’asphalte pendant que mon pied va s’y écraser.
J'a nické les lécheurs de bitume  😆

Et c’est le cas, sur les premiers 500mètres mes pieds sont des bâtons. La transition du 9 mm au 0 drop se fait sentir : je pose à plat, çà résonne dans tout le corps. Le temps de m’adapter et me voilà à la maison forestière. Là, tout repart. La section jusqu’à Carcans beach fait 17 kil, c’est la plus longue. Et elle est magnifique : l’ancienne pise cyclable toute ténue se mêle à du sentier, au milieu des pins et des dunes, des cabanes de chasseurs, toute en légères ondulations, verdoyant…magnifique.

Eric m’accompagne à nouveau quelques kilomètres puis fait demi-tour, retrouver sa maisonnée. Merci mon compère pour cette surprise et ce partage. Je me trouve enfin seul. Je me dore la pilule au soleil revenu sur un bon rythme. Le moment dans la course où tout va bien, tout répond, tout fonctionne. Euphorie, portée par l’avance au chrono. Je croise l’assistance de Manu venue à ma rencontre. On s’encourage. Je n’aurais vu personne d’autre. Quel pied cette solitude ! Je me retourne dans les quelques lignes droites : personne en visu…mais que font les routiers ? Ont-ils pris une autre option de trace ?

Carcans beach approche, le chrono m’affole : 6h33 pour 60 kilo pile. 9km/h de moyenne avec les pauses. C'est-à-dire que je dois courir à 9,5 depuis le début. Je suis plus d’une heure en avance sur mon prévisionnel. Et c’est con, mais j’ai dans ma tête l’idée que çà va durer, y a des fois où on le sent çà. Je ne m’enflamme pas, je pose les choses, je ne brûle aucune étape…mais je sens le truc venir… Là je suis sur une base de 15h20, alors que 15h me paraissait un objectif….non, même pas un objectif…juste impossible. Et puis cette sensation bizarre de ne pas voir les kilomètres défiler, à l’inverse de l’ultra en montagne. J’ai « déjà » atteint les 60 kil, alors qu’en montagne il ferait déjà bien nuit pour la même distance. J’suis pas habitué à çà, çà va trop vite, et du coup çà rassure. Fonctionner par étapes de 7/10 kil revient à 1h, alors qu’en montagne, ce n’est pas les mêmes repères que j’utilise.

Je retrouve Denis et Ji-Pé qui rallent de ne pas avoir le temps de faire la sieste. 10 minutes de pause pour bien m’étirer et me restaurer. Il fait bien bon, je laisse ma veste et chausse les sunglasses. Ah, les 50 premiers mètres sont durs à redémarrer : les adducteurs commencent à siffler.

9 kil jusqu’au cimetière de Lacanau Océan. Je retrouve une vraie piste cyclable, mais je m’efforce d’en courir sur le côté stabilisé et non asphalté. Le bitume ce n’est pas bon pour mes articulations. Tout droit, toujours. Je ne cours jamais avec un GPS, ni un cardio. Pas besoin d’artifice pour apprécier ce que je fais. Je calcule juste mon temps de section avec ma moyenne supposée. 9 kil = 1 heure. A 15 minutes je bois, à 30 je mange en marchant 1 minute dans une montée, à 45 je bois, à 60…bah j’suis arrivé. C’est simple non ? Surmontable quand on est préparé, organisé, mentalement calé.

Papi et mamie sur la piste…huuummm çà sent la verrue de la côte girondine : je pénètre Lacanal’ par le nord et son cimetière, Ji-Pé venu a ma rencontre.
Le Renard sort du bois

Un coup de coca et j’enchaine direct à traverser cette beurkville, vite saoulé par les 7 voitures et 14 touristes que je vais croiser. Je tiens le rythme, mais je prends un petit pet. Le chemin jusqu’au bout du parking de la plage sud est interminable et la pluie m’y rattrape. Une rincée de plus dans la poire. Ca commence à tirer dans les jambes…fallait bien aussi !

8h02 de course – kil 72.5. 9 de moyenne. Ji-Pé a eu le nez creux, il s’est arrêté au « parking du Renard » ! Il est, comme Denis, aux petits soins pour moi et répond au plus vite à toutes mes envies (les plus alimentaires qui soient…coquins). Patate douce (merci Antoine !), coca/eau, saucisson, chiiiiipppppssss !!!!! Jambes en l’air pendant tout çà…pause nécessaire. Ji-Pé n’a aucune nouvelle des autres compères. Qui est encore en course, comment vont-ils, sont-ils devant (j’en doute car j’ai pas laissé beaucoup de miettes) ?
Denis enfourche le VTT et va m’accompagner. Ca tombe bougrement bien, car ce kil 72.5 me paraît stratégique : il me reste un marathon pile poil. Je sais, je sens, que la moyenne va chuter. J’ai 1h25 d’avance sur mon prévisio, c'est-à-dire une base de 14h si je cours à 7 à l’heure avec les pauses à partir de maintenant. Mais 14h c’est juste inimaginable, çà me ferait rentrer dans le top 3 runners de la Cannonball. Alors au moins, avec Denis à mes côtés, je vais avoir un peu de stabilité, de repères. Même si je sais qu’on ne parlera pas beaucoup, il peut m’éviter de m’enflammer et surtout de sombrer si d’un coup le physique ou le mental déraille. Je le sais : le plus dur commence maintenant.

C’est parti pour 7 kil jusqu’à « la Cantine Nord » du Porge. C’est parti…difficilement, car le moteur doit se mettre en marche. Plus longtemps je m’arrête, plus difficile est la remise en route…il va falloir que j’optimise au max les prochains ravitos. Déjà que je ne trainais pas….

De suite surprise : une piste cyclable qui fait deux lacets pour gravir une dune ! Nous sommes hilares avec Denis. Je la joue « andorran », en coupant tout droit les mains sur les cuisses J. Derrière ca serpente en haut en bas, gauche droite. Mais j’ai l’impression que çà monte bien plus que çà ne descend…Pas bon signe, çà veut dire que je commence à subir. Mais je lâche rien, pas question de marcher autrement que pour manger. Denis me valide au compteur une course entre 8,5 et 9,5. Merde, y a quoi dans mon moteur ? C’est pas le steak-frites, verre de rouge et fondant au chocolat avec les copains Arsatesien de jeudi quand même ?

« La Cantine » (puisqu’on en parle) : 17h05, 9h05 de course et 80kil. 3 minutes de pause patate douce. RDV à la Jenny à 6,5 kil. Ces petites sections sont nickels. Je sais que je revois mon assistant dans une heure, je n’ai qu’à me focaliser sur çà, et profiter de l’environnement. Ce n’est pas compliqué, mais mon esprit gamberge au chrono final : dois-je m’autoriser à la pensée d’un chrono canon ou dois-je me satisfaire du chrono de l’étape en cours ? Je vogue entre les deux, sur des pensées instables. Je suis homme de chiffres et de repères, et je ne peux m’empêche de calculer…ce qui court à ma perte quand je ne suis pas bien. Allez, avance bourrique !

Le long parking du Gressier est avalé, y a pas foule.  Les panneaux indicateurs de la piste cyclable s’emportent, perdant 4 kil de distance à 500 mètres d’intervalles. Ne pas s’en préoccuper : faire avec ses repères calculés et recalculés. Au loin les premiers chalets de la Jenny. Ah la Jenny, je me languissais de te retrouver. Ji-Pé nous accueille, habillé, à 18h03. Kil 86 en 10h03. Ca y est je suis passé à 7,5 à l’heure. Faut dire que j’ai du mal à redémarrer et que je fais 2/3 pauses marchées en 1h.

Pit-stop express. Je repars par la piste forestière, car je connais la piste cyclable sournoise ici, faite de circonvolutions verticales qui me seraient peu appréciables à cette heure. Tout plat apprécié sur du sable stabilisé, qui éloigne la monotonie goudronnée. Le Grand Crohot est à 7 bornes. 7 bornes sur lesquels j’ai mes repères : heureusement, car le temps me semble long. Pas d’impatience non, ni de dégoût, encore moins de rallerie. Je sais pourquoi je suis là, j’en suis volontaire. Je ne prends même pas sur moi. Je fais travailler la raison, j’apprends encore, à chaque kilomètre, malgré les milliers déjà parcourus. Une expérience qui me sera utile en septembre sur les chemins suisses, sur un autre défi.

Pas un mot entre moi et Denis sur cette section, çà ne sert à rien. Il est là, à mes côtés, çà suffit. Tout comme l’est mon Ji-Pé au Grand Crohot. Quelle abnégation pour lui aussi. Sacrifier son samedi pour moi, pour en tirer quoi ? Le plaisir de l’inutile, le renforcement de l’amitié, et puis sortir des sentiers battus…les montagnes suisses en horizon lointain. Il m’annonce la victoire de Martin Foucade et celles des filles en relais. Que je suis heureux pour Marie ! Des nouvelles des « Cannonballer » : Jean-Luc aurait arrêté, vaincu par un bidou récalcitrant. Manu aussi (pas assez dormi les nuits d’avant). Laurent et Daniel toujours en course, derrière mais on ne sait où ?

Kil 93 à ce Grand Crohot, 11h03 de course. Je pense que je ne vais pas m’écrouler, donc ils ne devraient pas rentrer sur moi. Putain, je n’aurais jamais cru être devant !  Devant, c’est 23 kilomètres encore. Une paille, mais çà s’annonce tendu. Pour rentrer en 14h c’est du 7 de moyenne passé : ce sera impossible. Mais je tiens à finir sous les 15h. Donc faut pas se poser. Et puis les jambes n’aiment pas çà. Putain qu’il est dur de se lever, de se remettre en branle ! Bien plus dur qu’en montagne. Là-haut on récupère en marchant/montant. Ici, pas de répits…il faut toujours courir, sinon les minutes défilent doubles, la moyenne s’effondre. J’ai rien à gagner, mais je ne veux rien regretter, et continuer à apprendre.

Apprendre oui, mais là j’appréhende. La section suivant de 9,5 kil me fait un poil peur. Ce n’est pas la nuit qui arrive (elle est mon élément) ou le froid (j’ai rechaussé la veste), mais je n’y ait pas de repère, et presque 10 kil d’un bloc ça travaille le psycho. Mais Denis est avec moi, alors çà ira. J’espère que pour les 2 comparses en route çà passera aussi.

Je m’y lance, putain çà ne fait que monter ! Hein Denis ? Il n’est pas d’accord. C’est donc çà, je subis…je vais passer les 20 derniers kil à subir. Mais je me dis que je suis presque au col avant la descente vers Ordino sur la Ronda, et que je ferai çà bien plus vite…. Nuit sombre, pas un bruit, on ne croise aucune bête. Abnégation, marche, course, relever la tête. « Je ne suis pas venu pour subir ». Panneaux contradictoires : ne pas s’affoler, rester dans son truc. Halo des lumières de Claouey dans les nuages…çà s’approche. Denis alterne vélo et course légèrement devant moi. Putain çà me tire, c’est un sacré moteur. Enfin, on retrouve Ji-Pé à la jonction de la route du Truc Vert. Ca y est ! Je sais où je suis, exactement ce qu’il me reste à faire (ayant assisté ici Denis l’année dernière).

 Les voitures qui passent par là ralentissent, surprises de voir une voiture tout warning, un VTTésite et un traileur dans la nuit, le crachin, le froid. Je réitère le rituel des étirements et de l’alimentation, et redoute de repartir. Je vais prendre la route jusqu’à la D106, pour éviter les zag et les zig de la piste cyclable. Mais  je sais qu’elle ondule. Faut déjà que je redémarre. Putain j’arrive pas à lever les pieds, je fais de la marche rapide. Il faut 1 kil avant de vraiment courir. Ji-Pé me suit avec les warnings, Denis à mes côtés sur le VTT. L’objet de toutes les attentions, pleins phares ! Elle ondule cette route, je le savais, mais je lâche rien, je marche au minimum. Une fois çà passé, c’est gagné. Je serre les dents.

21h20 Jonction de la D106. 13h20 de course. Kil 107,3 il m’en reste un peu plus de 8. Rentrer sous les 14h30, c’est maintenant possible. Mais ne pas s’affoler, maîtriser la bête. On lâchera ce qu’il faut dans les derniers hectos. La piste cyclable avec l’écho de la route pas loin. Les lumières orangées du Bassin dans les nuages…çà sent bon… J’enquille, çà monte toujours…je tiens…sur ces 3,5 kil en 27 minutes. La moyenne a chuté mais je tiens le bon bout. D’un coup, sortie de foret ! La ville !!!! Des lumières aux maisons, du monde au balcon, la fête pas loin. Et surtout, en face, le phare ! Sa lumière rouge, tant espérée. Voilà !

Un reste de banane à toute allure…et à tout à l’heure mon Ji-Pé. Dernière section : 4,7 kil de routes au Cap Ferret, à travers les 44 hectares. Un salut au phare, à son pied, et je relance.  Pas d’euphorie. Je me dis juste que j’ai pas déconné, que j’ai crû et su assez vite que le corps allait répondre, et que je n’ai pas laissé plus d’une heure dans les pauses. Le chrono est dément, sachant que Laurent qui galope sacrément bien avait tapé un 15h03 l’année dernière. Le top 5 semble acquis pour moi. Alors, vous me connaissez, je vais grappiller le max de temps.

Les derniers hectos me paraissent loooongggs, mais au détour d’un virage voici Ji-Pé, seul. Personne d’autre. Dernière (vraie) montée vers la rosace qui symbolise la pointe du Cap Ferret, Denis à mes côtés ! Là je réalise, j’y suis ! Au bout du bout !!!
Ca, c'est fait !

Un cri, puis deux, puis le chrono. 22h22 ! Putain j’ai mis 14h22, où je pensais rentrer en 17 avec un planning prévisio à 16h22. De ouf’ !!!!   8,1 km/h de moyenne avec les pauses, soit 8,7 estimé en course pure. Bah mon cochon, je pourrais jamais faire mieux ! Ce chrono est signé Denis et Ji-Pé également, car sans eux je n’aurais pu tenir ce rythme. L’importance du soutien logistique et psychologique a pris toute sa mesure sur cette course. Il y a des détails à peaufiner, mais vous avez été très très bons les gars ! Merci pour çà, ce fut énorme !

Vite s’essuyer, se changer, avant que les muscles ne tétanisent. Heureusement Ji-Pé et Denis sont là pour contrer les assauts jumelés de ma « descente », du vent et de la pluie.

20 minutes plus tard les suiveurs arrivent. Ils me félicitent gentiment. Ils ont des nouvelles des deux acolytes : Daniel n’est pas très loin, Laurent a en gros 7 kil de retard. Ils sont dans le dur (comme moi) depuis un moment. Manuel m’avoue avoir été flingué par le marathon sur sable et une somnolence terrible. Daniel arrive en à peine plus de 15h, en forme, puis Laurent en 15h22.
Laurent, embrasse sa rosace, abnégation

Tous éprouvés, mais heureux de se retrouver sur la rosace. Heureux du chemin parcouru et de l’aventure vécue. De se dire que l’on fait partie des 53 finishers de la Cannonball. Des types et typesses qui ont répondu à l’appel des pointes, de cette côte sauvage et de cette foret infinie. L’appel du sable à mater et du bitume à griffer. L’appel du soi et du nous. De cette aventure qui ne sert à rien mais est un grand tout.

Comme m’a écrit une amie quelques jours avent la course : « Tous ces petits riens qui ne servent à rien, sont tout ce qui nous rend conscients de la force de la vie. Vivez ce moment pleinement messieurs ! ».

Alors oui, j’ai vécu et in fine, je n’y crois toujours pas, mais je signe le 4° temps de la Cannonball (meilleur temps, en 2008 par Patrick Bruni, en 12h09 !!!! Un mec qui valait 8h à 8h30 sur 100 kil plat).

Merci Llocc pour ton grain de folie, sans qui je n’aurais jamais vécu çà.

Merci mes trois comparses Ji-Pé, Denis et Eric de m’avoir porté comme çà. Elle a toujours de la gueule cette Team Fox putain !!!!

Et en plus çà a soigné ma crève !!! ;)



Finishers !


















































18° au Gévau !!!! Vintage :)


Le Gevaudathlon (Gevau) çà se mérite ! Tant par la route pour y aller (Marvejols en Lozère) que pour les épreuves qu’il faut encaisser, que pour la soirée finale qu’il faut affronter !

1° expérience pour moi en 2014 avec Thierry des Naka (22°/63), que je souhaite faire partager à mon Denis (59 ans). La famille et les amis nous accompagnent et nous aurons le luxe d’avoir deux assistants en course (et ce n’est pas de trop) avec papy Jean et JP.



Le Gévau c’est une épreuve très réputée, où les meilleures équipes françaises viennent se tirer la bourre. Bien y figurer est un sacré challenge. Notre objectif : rentrer dans les 20 premiers, sur les 63 équipes au départ.



Jour 1 : Le Gevau c’est tout d’abord un prologue le jeudi soir, dont le classement donnera l’ordre inverse de départ des deux autres jours. Mais c’est aussi un classement par points apportés à chaque épreuve. Le meilleur temps emporte 100 points, le 2nd 99… Et chaque épreuve à un coefficient allant de 1 à 3 (1° sur une épreuve coef 3 = 300 points, 2° = 297…). De sorte il faut être stratège.

1- A la nuit, rapide étirement du peloton en courant pendant quelques minutes derrière la Fiat 500 qui trace dans les ruelles de Marvejols. Puis chaque équipier récupère une carte d’orientation et va chercher 6 balises dans les recoins de la cité. Epreuve la plus difficile pour nous puisque Denis et l’orientation çà fait 12. Je lui conseille donc de suivre un coureur qui fait le même parcours et part de mon côté.

Une quinzaine de minutes plus tard nous nous retrouvons sous l’arche de départ. Denis n’est pas certain de tout avoir, nous repartons en vérifier 2, mais malgré ces quelques minutes perdues le doute est encore de mise. Nous revenons donc au départ presque dernier, ne sachant pas si nous avons toutes les balises (pour tout le raid : 1 balise non prise = 30 minutes de pénalité).

Nous enchainons de suite sur un trail orientation de 7 km et 450 m D+ (coef 2) pour grimper au dessus de Marvejols. Nous reprenons une bonne 20aine d’équipes, terminant à fort rythme dans cette dernière longue montée très raide de 300 D+ au bord d’un ruisseau. J’ai adoré cette section technique et physique, ça c’est Gevau ! Nous arrivons aux environs de la 37° place, mais ne savons pas si le contrat est vraiment rempli au vu des pénalités possibles. Jean et JP nous accueillent, nous réchauffent et nous voilà reparti au gîte pour un repas/dodo à 23h.



Jour 2 : Longue virée vers l’est ce vendredi matin : direction la frontière avec l’Allier et les environs de Langogne et le lac de Naussac. Contrée qui va nous offrir de splendides paysages toute la journée. La météo est belle mais bien fraîche et venteuse (c’est la Lozère tout de même !!!).

Heureuse surprise : nous sommes 25° au classement ! Beaucoup d’équipes ont raté une balise la nuit dernière, comme nos amis David et Fred des Serial ou les Flyings. Nous sommes supers heureux d’avoir toutes les balises et de partir dans le bon peloton (les 24 meilleurs partent après nous, toutes les minutes). Echauffement, dans le vent à Auroux, et c’est parti :

2- VTT road-book de 17 km et 524 D+ / 560 D- (coef 2). Un VTT road-book c’est comme au Paris-Dakar : on a une feuille qui indique les intersections et les km partiels et totaux. Il suffit juste de bien être concentrés ensuite.

On part dans une petite bosse bien sympa déjà, puis des « singles » à foison, des parties techniques, de la boue, des micro chemins sous foret…le pied quoi. Les jambes répondent, pas d’erreur : nous reprenons une 15aine d’équipes et nous faisons reprendre par 2/3. 1h22 pour cette épreuve = 23° temps = 156 points.



Jean et JP sont là pour nous assister rapidement et récupérer un vélo.

2- Nous voilà repartis en bike and run pour 8 km et D+265 / D-296 (coef 1). Belle bosse d’entrée sur le calvaire puis roulant.

C’est un suivi d’itinéraire sur carte mais j’arrive tout de même à faire une petite erreur d’orientation. A mi-chemin une grosse bosse nous exige de porter le vélo, puis nous basculons vers la fin de section. 20° temps sans avoir vraiment galopé fort (tout le monde a géré sont rythme manifestement).

3- Départ d’une des trois étapes à coef 3 du jour : trail de 10 km et 550 D+/D-. Là il va falloir assurer. On se ravitaille et c’est parti à descendre dans les gorges de l’Allier. Splendide parcours assez techniques et parfois peu courable dans les gorges. Sauts, passage dans l’Allier, dans des raidillons terribles ! Ca c’est Gevau ! C’est là que les meilleures équipes commencent à nous doubler, à des rythmes bien soutenus. L’équipe 1 par exemple qui nous dépose en courant dans la rivière au 1° tiers de trail.

On se démène comme on peut, on se trempe dans la rivière mais vite secs au vu de l’effort ensuite. A 200 mètres de l’arrivée pour le départ canoë je vois l’équipe 1 revenir vers nous, alors qu’ils nous ont déjà passé il y a 30 minutes !? Mais que se passe t-il ? Papa nous annonce dans les 12 premières équipes, sur les talons des Serial. Les Flyings eux ne sont pas arrivés alors que partis bien avant nous. Une équipe m’annonce que des équipes se sont trompées de chemin. Moi je me demande plutôt si ce n’est pas nous. En effet pendant 100 mètres le long de l’Allier je n’ai plus vu de rubalise. Etonné, près à faire demi-tour, j’en ai aperçu une au loin. En fait le parcours faisait une boucle en montant dans un raidillon que nous avons shunté, bien involontairement. Je prie pour qu’il n’y ait pas eu de balises sur ce morceau. Le résultat tombera plus tard : nous avons le 6° temps (!) et prenons 285 points (certainement une bonne 30aine de trop) !

4- Canoë de 6,6 km topo : 4 balises à aller chercher sur les pourtours du lac de Naussac. Un Lac ? Non, une mer déchainée !!! Le vent qui souffle à 50 km/h lève des vagues de 60 à 80 cm. Ca commence mal pour nous qui partons sur la grève sans avoir pris le canoë.


 Nous nous mettons à l’eau comme nous pouvons dans les vagues et démarrons en suivant les 4 autres équipes devant nous, sans regarder la carte. Quand j’y pense le bateau bouge trop.

1° balise à gauche à aller chercher contre le vent : terrible !!! Nous sommes trempés. Prise d’azimut pour aller chercher la 2nde de l’autre côté du lac. Les vagues de côté rendent les conditions dantesques. Je suis obligé de hurler pour que Denis m’entende lui parler. Les vagues nous détrempent, nous sommes contraints de forcer sans cesse, Denis à des crampes terribles dans les jambes. A mi-chemin je vois les quelques bateaux encore très au loin qui vont chercher cette optionnelle. Le chemin est encore très long. Le vent forcit d’un coup ! Nous sommes scotchés au milieu du lac, nous n’avançons plus. Je décide qu’il ne sert à rien de s’entêter, cette balise ne nous rapportera pas de temps, mais seulement de la fatigue et du froid. Je décide de bifurquer à droite pour aller chercher les 2 autres, et prendre les vagues de ¾ arrière. Cela va mieux, mais il faut qu’en même ramer et rattraper la direction du bateau sans cesse pour lutter contre les vagues. Ma carte que je n’ai pas assez protégée est détrempée, déchirée. Je n’y vois plus rien. Je ne sais plus où sont les 2 autres balises, ni l’arrivée. Nous nous focalisons alors sur les quelques autres bateaux au loin pour voir où ils vont et d’où ils repartent.. Denis est transis de froid, les doigts gelés il n’arrive même pas à ouvrir sa sacoche pour s’alimenter. Je le fais à sa place. Ainsi nous allons finir l’épreuve, fourbus, laissant une balise, mais sans avoir top de dégâts. Aiguillés par un spectateur qui nous indique l’arrivée je finis les derniers mètres debout sur la poupe tel un gondolier pour faire rire l’assistance.



L’épreuve fut titanesque, certainement LE souvenir du Gévau 2016. 2 bateaux ont par exemple chaviré. La bonne option était sans doute de ne prendre que les 2 balises de droite, mais 12 équipes les ont toutes. Nous avons le 23° temps.

Denis est touché par cette épreuve, Jean et JP le réchauffent comme ils le peuvent, je lui propose la couverture de survie. Mais il va repartir.

5- VTT suivi d’itinéraire de 15 km et 355 D+ (coef 1). Il mettra toute la prochaine section à se réchauffer, mais le physique en a pris un coup et nous nous faisons beaucoup doubler sur ce long et sublime tour du lac. Des paysages somptueux nous sont offerts. Parcours assez plat mais tout de même cassant par ses portages où passages techniques.

Nous ne sommes qu’à la moitié de la journée et l’on sent que l’épreuve précédant à fait des dégâts. Je suis pour ma part en pleine forme et du coup je peux gérer l’orientation au mieux pour ne pas pénaliser Denis par des erreurs. On prend cher sur cette section avec la 38° place, heureusement seulement coef 1.


On prend le temps au ravito de bien s’alimenter.




6- Trail balisé de 8 km et 500 D+/D-. Ca va mieux, on papote…et on en rate un embranchement. La section n’est pas difficile techniquement, ou alors c’est que l’on commence à s’habituer aux grimpettes et descentes du Gevau. On en prend plein les yeux avec es champs de jonquilles ou de pissenlits, les petits ruisseaux à truites, les tourbières magnifiques, puis les forets de résineux où la Bête du Gévaudan pourrait bien nous surprendre.

Denis a toujours du mal. Ses énormes semaines de boulot et son infection dentaire le pénalisent. Il va chercher très loin la force mentale de continuer, car je le vois très grimaçant et en souffrance. J’ai bien cru qu’il aillait abandonner à la fin de la section VTT, mais il tient bon. De mon côté je l’aide comme je peux et lui laisse prendre le rythme devant pour le ménager (il est certain que toujours à orienter devant je lui impose mon rythme).

Nous surveillons le chrono car il faut que nous entamions une prochaine section C.O maximum 10 heures après notre début de course, sous peine de ne pas pouvoir la faire. Donc il ne faut pas non plus trop relâcher le rythme. Nous finissons ce trail avec le 36° temps, nous y avons laissé des points. Mais la section suivante est bien plus importante.


7- VTT orientation de 17 km topo (25 en réel ?) et 560 D+ / 754 D- (coef 3)

Jean et JP ont eux aussi les yeux sur le chrono. Ils sont parfait dans l’assistance en nous préparant nos chaussures à changer, les vélos (avec porte-carte vidé et resserré), nos recharges de bouffe à dispo. Royal ! On nous distribue la carte de départ. Il nous reste 2h10 pour faire ces 17 km. Cela paraît facile, mais nous sommes au Gevau et les parcours sont souvent compliqués, tout en orientation, avec Denis à la dure et quelques dizaines de kilomètres et heures de raid dans les jambes. J’analyse la carte et me dis qu’il faut tenter l’affaire. Il y a beaucoup à perdre ou à gagner sur cette épreuve. Je prends 3 minutes pour tracer mon parcours sur la carte sous l’œil attentif du Gévau en chef Pierre.

Et c’est parti. Parcours technique, physique, tactique, sur lequel nous voyons peu d’équipes. Je relance souvent Denis car certain que l’effort en vaut la chandelle. J’ai des jambes de feu aujourd’hui, ce qui compense en fraicheur du coup et en lucidité. Dans un village nous croisons une équipe dont l’un des coureurs et avec une couverture de survie. Quelle première journée ! Le chrono tourne mais je suis confiant. Sans erreur d’orientation nous arriverons au bout. Denis donne tout ce qu’il a, quel courage ! A quelques encablures de l’arrivée nous croisons les Serial qui sont eux en orientation à pied sur une partie bien raide. Ils nous annoncent une C.O cassante et sont heureux pour nous de nous savoir avec une seule balise manquante. Au sol un Mars égaré par un concurrent. Nous nous le partageons avec Denis pour sceller cette VTT’O réussie. Nous arrivons supers contents du contrat rempli : 24° temps, ais beaucoup d’équipe laisserons nombre de balises.

JP et Jean nous chambrent d’arriver si tard, mais ils n’ont pas compris l’importance de ce que nous venons de faire sur cette section. Nous sommes en effet les derniers à arriver, le ravito était presque remballé. Heureusement on nous ressort saucisson et bonbons !
 8 – Course d’orientation 3,8 km topo (6 en réel ?) 155 D+ (coef 3). Nous voilà repartis pour 9 balises à aller chercher.

Beaucoup de dénivelé et des attaques de postes parfois techniques. Nous marchons beaucoup car Denis est toujours en peine. Mais au moins nous assurons tous les choix d’itinéraires. Aucune erreur, je tombe juste sur tous les postes. Nous voilà de retour en 1h10 avec le 45° temps, et une équipe doublée quelque part dans les bois. Pas terrible mais l’ont s’en satisfait. Le jour décline. Avant d’enquiller la dernière section VTT nous prenons un verre et une tranche de rire avec les assistants et bénévoles du Gévau. Ca c’est Gévau !


9- VTT suivi iti de 5km coef 1 tout en descente vers Langogne. Ca file vite mais il ne faut pas se tromper de sentiers. La preuve nous avons doublé quelques équipes sans les voir. On enchaine vite avec une CO photo urbaine dans Langogne pendant 2 km. 21° temps.

Il est 20h30 passé, nous en avons enfin fini de cette journée titanesque de presque 12 h de course et de 95 km et 3000 D+. Nous sommes satisfaits car nous n’avons pas fait d’erreur importante ni de casse matérielle ou blessure. Denis a été très en peine et du coup notre 20/22° place estimée est très honorable. Avec un Denis en forme c’eut été autre chose !

1h de route pour rentrer et échanger nos impressions avec nos assistants. Ils sont eux aussi ravis, si ce n’est des conditions difficiles voir limite parfois pour le cheminement routier et d’amenée du matériel pour eux. Les filles et les enfants nous ont attendus pour diner, c’est super, et sont contents leur belle journée à eux aussi. Etirements, récup, prépa du lendemain, et dodo à minuit passés…



Jour 3. Seulement 4 épreuves aujourd’hui, mais 3 à coef 3. Il va donc falloir assurer, malgré la fatigue.

10- 9h : un VTT road book de 18 km et 753 D+ / 1100 D- (coef 3) pour commencer. Malgré le vent froid on a vite chaud dès la première bosse franchie. Je ne suis pas bien dans mon road-book et fait 2 petites erreurs en 2 kilomètres. Rien de grave mais des équipes nous reprennent. On en reprend d’autres jusqu’à une 3° erreur plus grave. Je prends à gauche sans raison dans un chemin (alors que le road indiquait tout droit). 3 minutes de perdues en montant avant de s’apercevoir qu’il n’y a aucune trace de passages de VTT devant nous. Demi-tour : 5 minutes de perdues connement, j’enrage. Les grosses équipes nous rattrapent avant les terribles montées et descentes du Président. On descend souvent de nos montures tant pour monter que pour descendre dans des dévers terribles, des pentes incroyables, et des portages acrobatiques.

Heureusement Denis a retrouvé ses jambes, ont peu donc enquiller derrière quelques équipes de haut niveau de temps en temps, même si elles nous déposent de part leur technicité notamment en descente. Fin de section dans les « gorges de l’enfer ». 2h13 pour faire 18 km, c’est dire !!! 30° chrono.



C’est un peu le bazar au changement d’épreuve dans le petit village, il y a du monde partout. Heureusement Jean et JP sont au top et nous indiquent tout comme il faut. Nous repartons sereins.

11- Trail 6,5 km 500 D+/D- (coef 2). Ca monte direct, pas trop sec. Des équipes en vue, ça nous plaît. On récup’ au début, puis on enchaine sur un bon petit rythme. Ca fait plaisir de pouvoir enfin avancer à notre niveau. On double 7/8 équipes jusqu’au sommet. Jolie descente technique ensuite avec passage en rivière.

A un kilomètre sur la piste qui nous ramène vers le départ une équipe peste, en perdition. Elle n’arrive pas à trouver le chemin indiqué sur leur carte. Plus bas d’autres sont dans le même cas. Je me dis qu’il va falloir être attentif à ce début de section. Je ramasse des pissenlits, les « préférées » de mon ami JP, pour lui donner ainsi qu’à Jean à l’arrivée. Ca leur fait bien plaisir.



34° temps. Bon manifestement on a pas aussi bien géré la descente que la montée….

12- VTT orientation de 10 km topo et 445 D+/326 D- (coef 3). Une petite fille me demande au départ : « c’est vous l’équipe Le jeune qui promène le vieux ? ». Son père « Non, regarde eux ce sont ceux qui ont les pattes de renards tatouées ». Un brin de fraicheur…




Allez ça part sec, très sec sur cette VTT’O. L’équipe devant nous se plante de chemin et prend la fameuse piste. Nous on enquille à droite. La carte au 1/15000° est coquine et petite. Sa partie gauche n’est pas cartographiée de sorte les points de repère ne sont pas nombreux. Je me fais confiance, ainsi qu’à ma boussole et me repère 2 fois à la ligne électrique qui nous croise. Mais la progression est très lente dans ce « mur » et au bout d’un moment je ne suis pas rassuré, ne voyant aucune équipe. Au moment où je tergiverse nous revenons sur l’équipe formée par un raideur et son fils de 16 ans. Nous nous confortons les uns les autres dans le choix et allons sortir sans encombre de cette section piégeuse, enchainant les 3 premières balises ensemble.

Le parcours est très exigeant, une bonne lecture de carte est nécessaire. Avec les bonnes jambes de Denis revenues je me permets de relancer et faire des choix osés. Cette VTT’O peut faire la différence j’en suis conscient, alors on ne lâche rien jusqu’à la fin. Bien nous en prend car nous avons le 13° temps sur ce coeff 3 ! Vraiment très contents.


Allez, c’en est presque fini, la dernière section est là.

13- C.O au score de 1h10 (coef 3) : 15 balises potentielles à aller chercher en étant de retour à Marvejols en 1h10 max (sous peine de 3 points de pénalités par minute dépassée). Chaque balise a une valeur différente (de 2 à 15 points – multipliés par 3 au vu du coef), donc il faut être malins, d’autant que l’on jongle entre deux cartes de natures différentes dont la jonction n’est pas évidente à trouver.

J’estime le temps qu’il nous faudra pour rentrer depuis le haut de la 2° carte et nous partons sur la première.



Ca monte, ça monte pour aller vers ces balises.

Nous prenons la 8 et la 7 en revenant sur les Flyings. Le chrono a déjà bien tourné. Je m’aperçois que le tour prévu sera difficile à accomplir. Je préfère aller chercher la 11 à bonne valeur puis prendre celles sur le passage en redescendant vers Marvejols. On ne traîne pas même si Denis est à nouveau dans le dur. Sa pubalgie et sa cuisse se réveillent violemment. On ne lâche rien dans la grande descente finale, puis levons le pied quand nous voyons que nous allons rentrer dans les temps.

On rentre en 1h04 avec 87 points (15° place). On savoure cette dernière ligne droite en la courant en marche arrière, nos pattes de renards exposées. Nous avons manifestement fait une bonne journée car les Flyings et les Serial sont arrivés il y a peu.





Et voilà, le Gevau 2016 est plié, et quelle épreuve !!! Fidèle à sa réputation. Pour Denis, comme moi, cela vaut largement un raid PPA. Nous rentrons au gîte heureux, car nous avons bien figuré malgré les sérieux pépins physiques de Denis.

Il nous tarde désormais le résultat final donné lors de la fameuse soirée Gévau. On vient aussi pour çà !
Au gîte nous nous prenons un premier apéro festif ! Tout le monde se change car le thème de la soirée est « vintage ». Nous sommes tous terribles et c’est hilares que nous repartons à Marvejols.


Arrivés 1° à l’apéro nous demandons à bénéficier de 100 points supplémentaires !


Tous les concurrents ont presque joué le jeu et ce sont des tenues terribles qui apparaissent ! L’apéro coule à flot puis la soirée débute dans une ambiance de folie. Nous sommes tous ravis, Pey est impressionné par l’ambiance et s’amuse à fond.

Les résultats finaux sont donnés dans le sens inverse du classement. J’ai parié prétentieusement sur une 18° place, mais à partir de la 25° des frissons nous parcourent à chaque nom. Quelle surprise, à la 20° place se sont nos amis des Serial (avec qui nous festoyons) qui sont appelés ! Nous sommes dans les 20, devant eux !!!! « Et 18° les Renards des Vignes ! ». Génial !!!! Nous sommes aux anges, le contrat est rempli. Revenus à table après avoir fait un tour sur l’estrade, et Denis ayant eu l’honneur d’être cité pour son âge avancé, nous songeons à notre place s’il avait été « en cannes ». Probablement proches de la 15°. Mais avec des « si »…

Les copains Serial ne sont qu’à 20 points, nous sommes donc quasi ex-aequo. Maintenant la fête va battre son plein toute la nuit. C’est çà le Gévau !!!

Un grand bravo à toute la Team Gevaudathlon pour cette 19° édition splendide ! On en en a sué, on s’est régalé. Nul doute que la 20° édition sera très prisée et attendue !

Un immense merci à nos assistants Jean et JP qui se sont entendus comme larrons en foire. Vous avez su répondre présents à chaque instant et nous apporter tout votre concours et encouragements même si parfois ce ne fut pas facile, tant pour vous que pour nous. Voilà une nouvelle belle association qui débute… Vous êtes vous aussi 18° de ce Gévau !

Maintenant nous attendons avec impatience de retrouver Eric et le raid PPA début juin. Avec ce que nous venons de nous mettre dans les jambes ça devrait le faire…